Soufre : le come-back d’un actif anti-acné bien connu.

Soufre : le come-back d’un actif anti-acné bien connu.


Dans la quête d’une peau parfaite et sans imperfections, les actifs phares tels que l’acide salicylique (BHA) et les rétinoïdes (rétinol, rétinal) dominent le marché. En effet, leurs capacités d’exfoliation et de renouvellement cellulaire en font des ingrédients privilégiés pour une routine anti-acné moderne.

Pourtant, le soufre, est un formidable ingrédient contre l’acné. D’ailleurs, la preuve de son efficacité n’est plus à faire depuis l’Antiquité. Malgré cela, il n’apparait que très rarement dans les formulations actuelles. En réalité, il est le grand « oublié » des actifs anti-acné de ces dernières décennies.

Ce minéral, utilisé sous forme de bains de soufre il y a des millénaires pour soulager les affections cutanées, est un véritable principe actif médicamenteux. Si son pouvoir est avéré, pourquoi a-t-il fallu attendre 2024 pour qu’il revienne sur le devant de la scène, suscitant un nouvel engouement ? La réponse se trouve dans les obstacles qui ont longtemps freiné son adoption.


Les raisons de l’oubli : Mythes, odeurs et anciennes formulations

L’histoire du soufre en cosmétique est celle d’un ingrédient qui a fait maintes fois la preuve de son efficacité pour lutter contre l’acné, la rosacée et bien d’autres affections dermatologiques. Alors, pourquoi a-t-il été mis de côté ces 20 dernières années ?

1. Le problème sensoriel et sulfureux

Le principal frein à l’utilisation du soufre contre l’acné a toujours été d’ordre sensoriel. En effet, le soufre est une poudre jaune pâle qui, lorsqu’elle se décompose ou interagit avec d’autres molécules, dégage une mauvaise odeur. On se demande souvent pourquoi le soufre sent mauvais : cette senteur, souvent décrite comme acre, volcanique, ou même comme celle de l’œuf pourri. En fait, elle est due à la libération de sulfure d’hydrogène et d’autres composés volatils.

Le soufre contre l'acné, mais dont l'odeur est très gênante.

Historiquement, les préparations à base de soufre étaient jugées « peu agréables à utiliser. » c’est un fait, dans une industrie où la texture et le parfum sont cruciaux, cet aspect sensoriel est un facteur rédhibitoire. En effet, qui a envie d’utiliser des cosmétiques qui sentent l’œuf pourri ? Pas moi ! D’où son abandon progressif au profit d’actifs plus neutres comme le peroxyde de benzoyle pour traiter l’acné par exemple.

2. Les défis de formulation

Au-delà de l’odeur, le soufre n’est pas l’ingrédient le plus simple à stabiliser et à formuler. De fait, l’histoire du soufre en dermatologie nous montre que ce sont souvent les médecins de l’époque qui concoctent eux-mêmes leurs potions, pâtes ou lotions à base de soufre. En revanche, la standardisation fut longtemps difficile, autant pour des raisons de stabilisations des ingrédients que pour des raisons économiques évidentes. Ainsi, peu de laboratoires souhaitaient développer des formules avec un risque de flop dû à la mauvaise odeur dégagée par le soufre.

Les anciennes galéniques étaient souvent :

  • Trop asséchantes et désagréables, provoquant des tiraillements.
  • Grasses et collantes pour masquer le soufre et améliorer sa tenue.
La formulation du soufre comme ingrédient skincare fut difficile.

Ce manque de galéniques attirantes et agréables à utiliser a contribué à l’image d’un traitement « rustique » et obsolète. De cette façon, il est progressivement sorti de l’offre cosmétique au profit d’actifs plus faciles à formuler.

3. L’irritation et le risque de « dermatite au soufre »

Malheureusement, ce n’est pas le seul problème du soufre. En effet, mal dosé ou utilisé sans précaution, le soufre peut être irritant. Bien qu’il soit généralement considéré comme doux, des réactions indésirables ont été documentées, notamment la fameuse dermatite au soufre.

La dermatite au soufre, mythe ou réalité ?

Cette irritation se manifeste par une sécheresse excessive ou des rougeurs localisées. Ce type d’irritations se rencontrait lors des bains thermaux acides à forte concentration qui se pratiquaient au siècle dernier. En réalité, ces bains au soufre existent toujours dans le cadre des cures thermales, mais à des concentrations mieux maitrisées.

Irritation crée par le soufre.

Pourtant, ces irritations, bien que documentées, étaient rares, mais cela a conduit les professionnels à privilégier d’autres actifs mieux maîtrisés. Ce qui est finalement étonnant, car les bains de soufre sont très recommandés dans les cas d’irritations cutanées.

Reste que le soufre est moins irritant que le peroxyde de benzoyle par exemple. De même, les BHA ainsi que les rétinoïdes sont potentiellement irritants si le dosage n’est pas correctement adapté.

Le soufre a donc cumulé plusieurs handicaps qui l’ont réduit à l’état d’actif complètement has been alors qu’il reste très intéressant en dermatologie et en cosmétique.


Le soufre contre l’acné : un gage d’efficacité.

C’est de cette façon que le soufre s’est trouvé exclu des formulations pendant des décennies. Cependant, nous devrions le considérer comme un ingrédient skincare de premier plan. Les consommateurs, peu enclins à tolérer un actif malodorant et potentiellement irritant, l’ont laissé de côté. Tandis que les entreprises de cosmétiques, à part quelques exceptions, n’investissaient pas dans cet actif, car le risque financier était trop important.

Mais l’histoire du soufre en dermatologie ne s’arrête pas là. En effet, les scientifiques savent à présent dompter ce minéral pour l’introduire dans de nouveaux cosmétiques. Nos habitudes de consommation sont aussi à questionner dans ce retour en force du soufre. De fait, l’émergence des réseaux sociaux et des influenceurs, toujours prompts à proposer les dernières nouveautés, nous poussent à consommer toujours plus de cosmétiques. C’est donc dans ce contexte que les entreprises cosmétiques renouvellent plus rapidement leurs « collections » skincare.

Aujourd’hui, le soufre, dépoussiéré de ses mauvaises étiquettes, nous montrent sa très grande polyvalence en dermatologie et en cosmétique. De fait, il traite l’acné, la rosacée, la gale, les champignons, la dermatite séborrhéique, etc.

Le prochain article détaillera précisément les mécanismes d’action qui font du soufre un atout unique.

Et vous, connaissez-vous le soufre dans les préparations cosmétiques ? Laissez-moi un message en commentaire et abonnez-vous à ma newsletter.

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